Ce matin, plusieurs experts échangeaient lors de notre webinar autour d’un sujet qui, à mon sens, mérite qu’on s’y arrête sérieusement : la manière dont nous prenons nos décisions de recrutement.
Le thème était clair : recrutement et développement restent encore trop souvent traités comme deux sujets distincts. Pourtant, la qualité des décisions prises en amont conditionne directement la performance dans la durée.
Et c’est précisément ce point qui me semble central aujourd’hui.
Car dans la majorité des organisations, les décisions de recrutement reposent encore largement sur une lecture partielle des talents.
CV. Expérience. Impression en entretien.
Autrement dit : ce que le candidat a fait, et ce que l’on perçoit de lui en quelques échanges.
Mais ce qui fait réellement la différence dans le temps : comportements, motivations, capacité d’adaptation, potentiel d’évolution… reste encore largement sous-exploité.
Nous continuons à recruter avec des angles morts
C’est un constat que je fais régulièrement en échangeant avec des DRH et des dirigeants.
Même lorsque les processus sont structurés, même lorsque les recruteurs sont expérimentés, une part importante des décisions continue de reposer sur l’intuition.
Effet de halo. Biais de similarité. Survalorisation des profils les plus à l’aise en entretien.
Résultat : des recrutements qui paraissent convaincants au moment de la décision, mais qui ne produisent pas toujours la performance attendue dans la durée.
Ce n’est pas un problème de sérieux ou de compétence.
C’est un problème de lecture.
Nous prenons encore des décisions structurantes avec une compréhension incomplète des individus.
Ce qui construit la performance durable ne se voit pas toujours au premier regard
Deux profils peuvent sembler très proches sur le papier.
Même niveau d’expérience. Même qualité de parcours. Même maîtrise apparente des compétences attendues.
Et pourtant, une fois en poste, leurs trajectoires peuvent diverger fortement.
Pourquoi ? Parce que la performance ne repose pas uniquement sur les compétences visibles.
Elle dépend aussi d’éléments plus profonds : la manière de collaborer, de réagir sous pression, d’apprendre, de s’adapter, de persévérer, de s’engager dans un environnement donné.
Autrement dit : des dimensions comportementales et motivationnelles qui restent encore trop souvent à la marge des décisions de recrutement.
Or c’est précisément là que se jouent, en grande partie, la réussite dans le rôle et la capacité à évoluer dans le temps.
Séparer recrutement et développement n’a plus beaucoup de sens
C’est, selon moi, l’un des angles morts les plus persistants dans les pratiques RH.
D’un côté, on recrute. De l’autre, on développe.
Comme s’il s’agissait de deux temporalités, de deux logiques, de deux sujets indépendants.
Mais en réalité, un recrutement ne devrait jamais être pensé comme un simple point d’entrée.
Il devrait déjà contenir une compréhension utile pour la suite : comment accompagner la personne, comment l’onboarder, comment la manager, comment l’aider à réussir durablement.
Quand cette lecture manque dès le départ, on repart trop souvent de zéro après l’embauche.
Onboarding générique. Management approximatif. Développement peu ciblé.
À l’inverse, mieux comprendre un talent dès le recrutement permet de créer une continuité beaucoup plus cohérente entre sélection, intégration et développement.
C’est précisément ce que nous voulons construire avec Assessio